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rov@higa

Madagascar : Fierté et ambition déplacée

31 Août 2012, 11:04am

Publié par rovahiga

Presque quatre ans de crise et  il est plus que temps de faire un bilan global de ce que Andry Rajoelina et consorts appellent « un soulèvement  populaire » et les résultats de la gestion d’une transition unilatérale. Disons le de suite : Madagascar n’a jamais atteint une profondeur  aussi catastrophique auparavant.

 

« La » puissance africaine

Nous sommes à deux doigts de sombrer dans un chaos indescriptible  sans « l’aide de la mère patrie » :  la France, ce pays qui ne joue plus grand rôle en Afrique. A ce sujet, les français de la France officielle se bousculent dans toutes les coulisses du régime HAT, et « aident nos responsables (surtout l’armée) à prendre les meilleurs décisions pour le bien être du peuple malgache ». « Depuis 2009, des observateurs de cette crise se demandent quel peut être l’intérêt de la France à Madagascar. Les deux ambassadeurs qui se sont succédés jurent qu’il n’y a que des intérêts motivés par la présence de quelques 25 000 français (dont la moitié ont aussi la nationalité malgache) et 650 entreprises françaises, et par des liens d’amitié historiques entre les deux pays. Ceci ne justifie en rien l’appui déguisé a un coup d’Etat [17] qui a mené au régime qualifié par des observateurs politiques du pire que la Grande Ile ait connu depuis son indépendance, et à une situation calamiteuse, que ce soit d’un point de vue économique, démocratique, institutionnel ou humain » (Pétrole ou biodiversité ? Géostratégie de la France dans le Canal du Mozambique) 

 

Survie

A part les hommes au pouvoir et ceux qui les fréquentent habituellement, les malgaches se débattent dans une mélasse jamais connue ! Sur le plan économique, politique et surtout social, bref dans tous les domaines de leur vie misérable, des compatriotes tombent comme des mouches vaincus par « la fatalité ». Le nombre de ceux qui ont péri dans les manifestations et les émeutes à cause des crises politiques n’est rien par rapport à celui des victimes de l’insécurité, des maladies somme toute parfaitement guérissables mais dont le coût et l’éloignement des centres de santé reste  hors d’atteinte pour les 85% de la population. D’autres argumenteront que cette situation existe depuis des années, oui ils ont raison, mais qu’est-ce qu’on a fait depuis pour améliorer la situation ? La construction de nouveaux hôpitaux ? En attendant qu’ils soient fonctionnels, trois ans auront passé et tué des dizaines sinon des centaines de morts. Est-il certain qu’il n’y ait aucune autre solution quand on se targue d’être détenteur de « la meilleure solution » pour le développement de Madagascar, pour « le grand changement » ?

 

En ce qui concerne l’insécurité, tout est dit : démobilisation et démission des forces armées. Résultats : Les « dahalo » (bandits de grand chemin) font la loi et défient ouvertement  l’administration. Seuls quelques paysans aidés par d’autres hommes qui n’ont plus rien à perdre pour avoir été victimes des razzias de ces bandits font face à leurs armes de guerre. Là aussi, la mort fait des ravages. Mais le pire, l’affaire devient une confrontation directe entre différents tribus.  « De plus, une surveillance efficace dans les zones rouges et dans beaucoup d’autres zones rurales demanderait des forces de sécurité disciplinées et bien entraînées ; lesquelles le sont à peine à Madagascar ».

 

Sortie  de crise ?

La  frustration née d’une décision qui prononcerait le forfait de Marc Ravalomanana et/ou de Andry Rajoelina lors des prochaines élections présidentielles ferait plus de mal à l’ensemble de la population malgache qui rêve de « revanche » sur les politiciens, à tel  point que ce forfait relèverait  d’une injustice maladive. Les menaces lancées par les pro-Rajoelina concernant le retour de Marc Ravalomanana pourraient ou devraient être neutralisées par le président de la HAT s’il le voulait. Le voudra-t-il ? Aura-t-il vraiment le culot de se présenter aux élections sans son adversaire intime, car ce serait un aveu de sa peur viscérale de celui-ci  ou de ce qu’il représente ?

 

« Maman, à quoi sert l’armée ? »

Que ferait l’armée dans tous les cas de figure ? Leur haine de l’ex-président les pousse à faire des propos franchement ridicules : « Nous sommes contre le retour de Marc Ravalomanana car les blessures ne sont pas encore cicatrisées  pour beaucoup, et cela risque de porter atteinte à l’ordre public  (!!!) ». Dans leur esprit, ils ne veulent ni raisonner, ni maîtriser un groupe d’individus qui sont de « leur conviction politique ». Apparemment, l’armée refuse à chaque fois de faire leur boulot et choisit de  s’éloigner de toute zone de turbulence comme le  face-à-face avec les « dahalo » à  Amboasary Atsimo où les petits représentants des forces de l’ordre se font massacrer comme les éleveurs  (ou à Bemahatazana dans la région de Bongolava où tous les habitants de plusieurs villages fuient pour sauver leur vie)  et préfère « taper » sur les manifestants de « Magro ». La déclaration du ministre de l’intérieur de vouloir faire appel à l’armée française prend alors tout son sens.   

Une armée consignée dans leur camp et bâillonnée sur les sujets politiques de cette transition pourrait garantir la fin de la crise. Car le parti pris imposé par cette institution de la république hypothèque toute chance d’un règlement politique. Les efforts de la SADC et de la Communauté Internationale butent à cet obstacle. L’armée doit être neutralisée par une force internationale, voire une force  onusienne qui devrait la réformer et la recadrer. L’enjeu dépasse la mauvaise foi de crier à qui veut  l’entendre de l’inviolabilité de notre souveraineté nationale quand la vie de toute une nation est  en jeu. L’ambition déplacée et la fierté  affichées jusqu’ici devraient se taire quand on se fait aidé par une puissance étrangère pour s’accaparer du pouvoir détenu par président  élu par le peuple.

 

rov@higa

 

 

Madagascar: Du sexe pour survivre

http://www.irinnews.org/fr/Report/96195/MADAGASCAR-Du-sexe-pour-survivre

 

ANTANANARIVO, 29 août 2012 (IRIN) - Dans la ville portuaire de Toamasina, à Madagascar, environ un résident sur sept travaille dans l’industrie du sexe.

Entre 1993 et 2012, soit en l’espace de moins de 20 ans, le nombre de travailleurs du sexe enregistrés dans la ville – qui compte environ 200 000 habitants – est passé de 17 000 à 29 000. L’augmentation s’explique par l’aggravation de la pauvreté ainsi que par la proximité de la ville avec la nouvelle mine de nickel d’Ambatovy.

La construction de la mine et les récentes améliorations apportées au port ont entraîné un afflux de milliers de travailleurs étrangers. Les investissements, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, ont également donné lieu à une augmentation du coût de la vie et à l’effondrement des activités commerciales traditionnelles comme la collecte et la vente de clous de girofle et de café, incitant de plus en plus de jeunes femmes à se tourner vers l’industrie du sexe
  (Suivre le lien) 

 

A lire également :

Analyse: Madagascar, terre de bandits impitoyables

MADAGASCAR: Les cyclones et la baisse des aides aggravent la malnutrition

MADAGASCAR: Déclin du secteur de la santé

SANTÉ: Les bailleurs de fonds s’inquiètent du coût des essais cliniques

MADAGASCAR: A petits pas vers la réforme foncière

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Lettre ouverte à la Communauté Internationale (24/08/12)

24 Août 2012, 15:33pm

Publié par GTT International Genève

MADAGASCAR

 

Lettre ouverte à la Communauté Internationale

 

Après le Sommet de Maputo, le GTT INTERNATIONAL – GENEVE met en garde contre toute manœuvre dilatoire destinée à empêcher la candidature du Président RAVALOMANANA

 

Les résolutions prises par la Troïka de la SADC à l’issue du 32ème Sommet de Maputo les 17 et 18 août 2012, que d’aucuns considéraient comme le moment décisif après les multiples rencontres infructueuses, ne sont pas à la hauteur de nos attentes dans la résolution de la crise malagasy. A la lecture du bref paragraphe consacré au cas de Madagascar, nous déplorons effectivement son caractère laconique et vague qui n'apporte pas de solution concrète à la crise.

 

Bien que la SADC prône « la mise en œuvre urgente et intégrale de la Feuille de Route », les lacunes suivantes subsistent et méritent d'être relevées :

  • aucune sanction n'a été prononcée à l'encontre du régime putschiste, le véritable facteur de blocage, qui impose sa politique unilatérale et refuse toute soumission aux Accords conclus, contrairement à la mouvance Ravalomanana qui a fait beaucoup de concession,
  • la Troïka de la SADC a avalisé le calendrier électoral proposé par la CENIT alors qu'aucune mesure d'apaisement n'a été concrètement mise en œuvre comme le prévoit la Feuille de Route,
  • aucune élection crédible et acceptée par tous ne pourra être organisée en si peu de temps,
  • l'article 20 de la Feuille de Route stipule « le retour inconditionnel et immédiat » du Président Ravalomanana or, la SADC le soumet, à présent, à l'avis d'une mission d'évaluation envoyée sur place pour mesurer les risques d'affrontement. C'est une mesure aussi contradictoire qu'inutile car retarder le retour du Président risquerait de provoquer le mécontentement populaire.

Ces mesures s'apparentent alors à une manœuvre dilatoire destinée à empêcher la candidature du Président Ravalomanana, manœuvre contre laquelle nous mettons en garde.

 

Au vu de ces éléments, nous EXIGEONS que la SADC :

  • mette en place des mesures d'accompagnement concrètes pour l'exécution de la Feuille de Route,
  • sanctionne sans délai ce régime putschiste y compris les sanctions individuelles,
  • ordonne la mise en œuvre des mesures d'apaisement prévues (ouverture des médias de l’opposition, la liberté d’expression et la libération des prisonniers politiques, retour des éxilés politiques),
  • prenne ses responsabilités en ramenant, elle-même, le Président Ravalomanana à Madagascar avec les mesures de sécurité qui s’imposent,
  • garantisse la candidature du Président RAVALOMANANA aux présidentielles,
  • organise la tenue à Madagascar d'une rencontre malgacho-malgache menée par une organisation reconnue pour sa compétence en matière de médiation comme la FFKM et impliquant des membres de la société civile ainsi que des leaders politiques ayant une légitimité certaine notamment les anciens chefs d'Etat élus démocratiquement,
  • laisse au Sommet malgacho-malgache le soin de déterminer et d'organiser de nouvelles élections crédibles, transparentes et acceptées par tous.

 

Par ailleurs, nous demandons à l'ensemble de la Communauté Internationale de s'abstenir de tout financement des élections dans les conditions actuelles pour les raisons citées précédemment. Nous nous adressons plus particulièrement à Mme Fatma Samoura, représentante des Nations Unies à Madagascar qui venait d'annoncer le déblocage prochain de 15 millions de dollars à cet effet.

 

Enfin, rappelons que le peuple malgache est otage d'une bande de voyous armés qui foulent aux pieds toutes les lois y compris les droits fondamentaux. Les mécontentements sont visibles, les foyers de grèves gagnent toute l'île et Madagascar est dangereusement au bord de la guerre civile.

 

Genève, 23 août 2012



GTT INTERNATIONAL- Collectif de la diaspora Malagasy
15 rue des savoises
1205 Geneve

collectifgtt@gmail.com

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Bien pris qui croyait prendre

13 Août 2012, 16:09pm

Publié par rovahiga

Pendant que le président de la transition s’applique à respecter ou non les consignes politiques de ses mentors, une autre réalité s’impose et l’oblige à reconnaitre que son ennemi intime détient plusieurs cartes « maîtres » qu’il ne possède pas, et que tôt ou tard, Andry Rajoelina choisira de lui-même de tomber dans les pièges tendues sous ses pieds.

 

Ainsi depuis la déclaration tonitruante de ce dernier à ne pas se présenter aux élections présidentielles, Marc Ravalomanana a tissé autour de son trop jeune adversaire des toiles d’araignées qui finiront par l’immobiliser complètement. Car tout compte fait, la majorité des parties politiques et presque tout l’ensemble des observateurs y compris la SADC se mettent d’accord pour imposer la politique du « Ni …, ni … » qui condamnent les deux principaux protagonistes à ne pas présenter leur candidature aux prochaines présidentielles, à moins que tout le monde s’accorde à ce qu’ils fassent le contraire « ensemble ».

 

Pour Ravalomanana, le schéma a été pris au sérieux  depuis longtemps jusqu’à lui permettre de préparer un autre avenir politique à « court terme ». Le profil du candidat de la mouvance ou du parti TIM serait donc presque connu. Ce qui n’est pas le cas du côté du TGV qui manque sérieusement « d’hommes d’état » à moins de se jeter dans les bras de l’AVI de Norbert Ratsirahonana pour être mieux « étouffé » ou dans ceux du LEADER FANILO pour être « broyé » car ce sont bien les hommes de confiance  de ces deux partis qui constituent l’entourage immédiat de  Rajoelina !

 

Vu sous cet angle, on a trop vite jeté la pierre sur la SADC qui apparemment mène bien sa barque en jouant au piètre médiateur pour obliger la classe politique et la majorité du peuple malgache à balbutier ce fameux « Ni …, ni … ».

 

 

rov@higa

 

 

 

A Madagascar, la tâche compliquée de la SADC

http://www.rfi.fr/afrique/20120811-troicka-sadc-est-arrivee-madagascar?ns_campaign=nl_AFRIQUE110812&ns_mchannel=newsletter&ns_source=emailvision&ns_linkname=lire-1&ns_fee=0

La délégation de la SADC, la communauté de développement d'Afrique Australe, est arrivée à Madagascar. Jusqu'à ce matin, l'ambiance reflète celle des pourparlers aux Seychelles cette semaine c'est-à-dire le silence de la part des médiateurs. La mission officielle des médiateurs, conduite par le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères Marius Fransman, est de dresser un rapport de l'avancement de la feuille de route de sortie de crise, signée en mai 2007.

La troïka de la SADC est dans une position compliquée après l'échec des pourparlers entre l'ancien président Marc Ravalomanana et le président de la Transition Andry Rajoelina.. Elle doit présenter un rapport sur l'avancement de sa médiation au prochain sommet de l'organisation d'Afrique australe les 17 et 18 août prochains à Maputo. Marius Fransman, accompagné pour l'occasion du ministre des Affaires étrangères seychellois Jean-Paul Adam, a entamé sa visite à Madagascar par une visite au Premier ministre Jean Omer Beriziky.  ... (Suivre le lien)

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