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rov@higa

MENACE DE RETRAIT DES NEGOCIATIONS

, 02:13am

La mouvance Rajoelina a annoncé que faute de « consensus », elle se retirerait des négociations et rentrerait dare-dare au pays ce jour. De quel consensus parle Rajoelina ? Celui de régner en maître absolu sur la transition, sans partage aucun, et tant pis pour le reste. Le reste ici, c’est le peuple, celui là même pour qui il a insisté sur la nécessité de mener à son terme les négociations de Maputo I, II, Carlton et Addis Abeba. La raison invoquée en est que le peuple malgache a déjà trop souffert et qu’il ne faut pas le tenir en otage. Bien dit ! Mais de quoi souffre le peuple ? Le peuple souffre de ne plus pouvoir se nourrir faute d’avoir été mis à la rue par la fermeture de plus de 400 entreprises, par la destruction massive de biens sociaux, d’infrastructures, d’insécurité grandissante, d’inflation galopante, de disfonctionnement de l’appareil administratif, de vols et de détournement pratiqués au plus haut niveau de l’état, de détérioration du système de la santé, de l’injustice avérée appliquée sur tous ceux qui réclament la démocratie, le droit, la liberté. Le peuple souffre de la domination « militaire » qui écrase tout sur son chemin sauf les tenants du pouvoir de fait et leurs acolytes. Arrêtons, car il serait trop long de s’étendre sur un sujet dont tout le monde parle. Tous ces malheurs trouvent leur source au coup d’état du 17 mars !

Un retrait des négociations veut tout simplement dire que la mouvance Rajoelina se fout de ce peuple dont il se dit défenseur. Car son esprit est ailleurs, ses pensées sont subjuguées par ce trône qu’il n’abandonnerait jamais tant qu’il est assuré de l’appui de ces mutins qu’on appelle encore pompeusement : « militaires ». Rajoelina ne pense qu’à ses intérêts, une lapalissade.

Tel que se présente ces « négociations de la dernière chance », je m’attends déjà à le voir débarquer de son aéronef, tard dans la nuit, fier et tout sourire, tout en étant conscient qu’on l’attend au tournant. Oui, car il symbolise le seul et dernier obstacle pour se défaire du néocolonialisme français, de réconcilier le malgache avec lui-même d’abord et de se réconcilier avec les autres après. Advienne que pourra, le vin est tiré !