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rov@higa

UNE CITOYENNE COMME LES AUTRES

7 Août 2011, 10:07am

Publié par Citoyenne malgache

http://citoyennemalgache.hautetfort.com/media/01/01/1664927541.jpg

 

NON, PAS COMME LES AUTRES

Cette facilité de décrire le pourrissement d'une société et dont le poids de l'angoisse et la plaie du désespoir n'ont rien d'une fiction m'épate et me laisse perplexe autant qu'admiratif.
Que cette plume n'arrête pas d’écrire et de décrire le présent pour mieux préparer l'avenir s'il existe encore.

Bien à toi

 

rov@higa

 

 

UNE CITOYENNE COMME LES AUTRES

http://citoyennemalgache.hautetfort.com/archive/2011/08/05/une-citoyenne-comme-les-autres.html

Ecrire les choses revient à les vivre deux fois… au moins.  Et la situation devient de plus en plus difficile que je me suis tue comme tous ces autres qui n’ont jamais parlé, pour ne pas revivre la situation… pour pouvoir garder un peu d’énergie pour affronter cette longue, longue, longue transition qui nous mène vers une destination incertaine.

 

En circulant en ville, selon les quartiers où l’on va, on a l’impression que la vie a retrouvé son cours normal.  Les grillades populaires sont fréquentées. Les gens continuent à sourire… Vous êtes forts les malgaches, me disait un vazaha, la situation est catastrophique et vous trouvez encore la force de sourire.  Mais ce n’est qu’une apparence car en faisant plus attention, on remarquera que les gens sont de plus en plus hagards : la façon inconsciente de traverser les rues, les résultats mitigés au travail, l’agressivité dans les ménages, les cas de plus en plus nombreux de viols, les suicides…

 

Les rapports se succèdent et se ressemblent sur les impacts socioéconomiques de cette crise. La pauvreté a toujours été là, mais elle devient de plus en plus intense. On avance des chiffres sur le nombre d’entreprises qui ont fermé leur porte depuis cette crise. Sur le nombre de personnes qui ont perdu leur emploi. Pour une bonne partie du monde qui se sent (encore) concerné, ce sont des chiffres qui alarment, qui attristent et qui choquent. Mais derrière ces chiffres se vivent des drames individuels et des batailles de survie au quotidien.

 

Même si je n’ai pas à m’inquiéter de l’immédiat, je dois mener la même bataille de survie comme les autres, car non seulement la visibilité est très réduite, mais on doit aussi faire face à la hausse généralisée des prix. Et je me demande souvent comment font les autres pour tenir.

 

Ce propriétaire de taxi raconte qu’il conduit lui même son taxi maintenant et qu’il a renvoyé son chauffeur. Quant au chauffeur… Ny chauffeur tsy very mandeha parait-il et qu’il trouvera facilement un autre taxi à conduire. 

 

Un ami qui travaille dans la microfinance affirme qu’ils reçoivent de plus en plus de demandes d’emprunts pour créer des petits commerces. Les agences de micro-crédits évitent tout de même de financer les marchands ambulants qui, non seulement encombrent les rues, mais risquent aussi de voir leurs marchandises confisquées par la CUA et risquent de se trouver dans l’impossibilité de rembourser leur prêts.

 

D’anciennes collègues se font entretenir par leur mari pour celles qui ont la chance d’avoir encore le mari qui travaille. Et d’anciens collègues se font entretenir par leur femme pour ceux qui ont la chance d’avoir la femme qui travaille.

 

Ceux qui ont un bon réseau de connaissance arrivent à trouver de petits travaux de consultance ou quelques heures de cours à donner, et doivent s’adaptent à des thèmes qui ne leur sont pas habituels.

 

Ce qui est curieux par contre, les offres d’emploi ne reçoivent pas autant de succès comme pour le recrutement de ministres de la HAT. Pour un poste de responsabilité, on reçoit au maximum une centaine de CV, ce qui est loin, très loin de la pile millénaire de candidats aux postes ministériels.

 

Et dans ce chaos, il y en a qui quittent volontairement leur travail pour des questions d’incompatibilité politique. Comme il y en a qui affirment ne pas vouloir un travail contre la reconnaissance des putschistes : En effet, beaucoup d’activités dépendent du retour des financements extérieurs, qui eux-mêmes dépendent soit du retour à l’ordre constitutionnel soit de la reconnaissance de la HAT. A la question un travail ou la reconnaissance ?  j’ai entendu plus d’une répondre : “C’est toute la valeur dans laquelle mes enfants vont grandir qui sera foutue. Ampahafirin’ny tsy manana asa rehetra ?

 

“La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre” disait Einstein.  Et je fais comme tous les autres : je pédale pour ne pas tomber… et malheureusement je ne peux pas pédaler et écrire en même temps…

 

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Citoyenne malgache 07/08/2011 20:52



Merci Rovahiga pour le partage.


Je disais en réponse à ton commentaire sur mon blog que l'avenir existe forcément, mais il va dépendre de nous tous et surtout de ce que nous faisons maintenant...