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rov@higa

Manandafy Rakotonirina : un point sur la crise politique.

16 Février 2011, 09:17am

Publié par tananews.com

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Dr Mouketou (D.M.): Comment allez-vous monsieur le Premier-Ministre?

 

Manandafy Rakotonirina (M.R.) : Moi je me porte bien. Mais si moi je me porte bien, dans mon pays au contraire ça va mal. Les conditions sociales sont très dures. Le putschiste quand il est arrivé au pouvoir a promis un niveau de prix des denrées alimentaires très différent du prix international. Maintenant les malgaches consomment du riz à un prix supérieur au prix à l’international. De même pour le sucre et l’huile alimentaire. Donc nous avons des conditions de vie très difficiles avec les putschistes, surtout que l’aide internationale a disparu suite au coup d’Etat qu’ils ont effectué. Il faut savoir qu’à Madagascar, en 2009 -2009, 70% du budget d’investissement de l’Etat venait de l’extérieur. Et ça a disparu dès que les putschistes ont pris le pouvoir. L’Etat malgache est dans une situation. Il n’est pas en mesure de faire face aux besoins immédiats de la population. Voila la situation exacte où nous sommes.

D.M.: Votre appréciation par rapport à la situation internationale

 

M.R. :C’est possible que ça survienne à Madagascar contre le pouvoir de fait qui est là en ce moment et nous en sommes très conscients d’ailleurs. C’est pour ça je crois que mon téléphone fixe est bloqué. Ils ont pu repérer que je communiquais avec mon téléphone fixe, là vous m’avez sur mon téléphone portable.

D.M.:Qu’en est-il de l’indépendance judiciaire à Madagascar ? Peut-on parler de séparation de pouvoirs dans votre pays ? Parce que nous savons qu’il y a des leaders politiques, des officiers, des légalistes et des défenseurs des droits de l’Homme qui sont humiliés, arrêtés sans être jugés.

 

M.R. :A Madagascar, la Justice est instrumentalisée par les putschistes pour se maintenir au pouvoir. Particulièrement, par exemple sur l’affaire du 07 février. Le 07 février (2009), il y avait une fusillade exercée contre la foule qui marchait contre le palais du Président de la République. Ils ont condamné Marc Ravalomanana, une condamnation à perpétuité sur cette affaire. Or ce qu’il en est réellement, ce jour là, Ravalomanana était à 400 Km de la Capitale, il ne pouvait pas donner des ordres, il n’était pas au palais, mais ce sont les hommes, complices d’Andry Rajoelina qui ont tiré sur la foule. Un des militaires qui participait à l’opération a fait un aveu public la semaine dernière en disant que c’est un tel qui a fait le coup et qu’il était payé pour 100 millions de francs malagasy. Maintenant, les langues commencent à se délier et les choses considérées comme secrètes commencent à venir au grand jour. […] Tous ceux qui s’occupent de dénoncer ce qui se passe réellement dans le pays dont l’objet de condamnations judiciaires factices du genre condamnation avec sursit à exécution ou encore la liberté provisoire. L’actuel président de l’Assemblée Nationale de la Transition est frappé d’une disposition de liberté provisoire et peut aller en prison à n’importe quel moment. Donc il y a ce chantage. De même que le secrétaire général du TIM, monsieur Rakotoarivelo Mamy qui est frappé de la même peine. Dans ce cas là, la Justice chez nous est au service des putschistes. C’est grâce à la maîtrise de l’appareil judiciaire de manière abusive qu’ils arrivent à se maintenir au pouvoir. A Madagascar, il n’y a pas d’Etat de Droit qui fonctionne il n’y a pas respect de la liberté fondamentale.

D.M.: Quelles sont les conséquences de la Françafrique dans votre pays ? Peut-on dire aujourd’hui que la politique de l’élite politique française n’aime pas le président malgache en exil et pourquoi la Françafrique a-t-elle joué un grand rôle dans la crise politique que Madagascar est en train de connaître ?

 

M.R. :Ce qu’on sait, c’est que ça commençait à boucher un peu à Tana. J’imaginais de simples mouvements de la foule dans la rue mais le ministre français, Bernard Kouchner a téléphoné directement au président Ravalomanana, Andry Rajoelina, Roland Ratsiraka pour leur dire de calmer le jeu et à ne pas être violents. L’internationalisation d’un petit phénomène de mouvement de rue, ça venait directement du ministre français de l’époque. Imaginez un ministre français qui s’occupe d’un petit mouvement de rue à Antananarivo, moi je trouvais ça exagéré. […] Maintenant, l’ambassadeur de France est le meilleur soutien du pouvoir putschiste, mais heureusement que nous avons nos amis africains de la SADC et de l’Union Africaine qui ne sont plus sous les ordres de la françafrique et je crois qu’on aura une sortie de crise.

D.M.:Comment faire pour sortir de cette crise politique ?

M.R. :La crise politique, comme vous le savez c’est qu’il y avait un coup d’Etat qui a renversé un pouvoir démocratiquement élu. C’est à l’origine de la crise et la Communauté internationale a condamné ce coup d’Etat. Pour s’en sortir, il faut aller vers les élections comme le disent les français, mais avant cela, il faudra avoir un appareil électoral correct. Dernièrement, le pouvoir de fait s’est amusé à organiser un Référendum, mais il n’avait pas les moyens d’organiser un Référendum correct. Il fallait 70 milliards de nos francs pour organiser correctement une élection correcte au niveau national. Le pouvoir a mis à la disposition de la CENI 50 milliards fmg. Par conséquent, les cartes électorales manquaient, beaucoup de circonscriptions n’avaient pas de liste électorale. A partir de cela, ils pensent imposer une Constitution visant à certifier Andry Rajoelina comme étant le Président de la République en attendant les élections présidentielles. Indirectement, ils pensent obtenir une légitimité usurpée à travers un Référendum truqué. Pour s’en sortir, il faudra mettre en place un régime Constitutionnel. Nous proposons la mise en place d’un Praesidium composé de trois chefs d’Etat, les anciens présidents Albert Zafy, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana qui sont les signataires de la convention de Maputo. [Lire la suite de la proposition ci-après.]

 

 

La sortie de crise, selon le “Tanora MFM”

http://www.tananews.com/2011/02/la-sortie-de-crise-selon-le-tanora-mfm/

La crise vécue a Madagascar depuis bientôt 24 mois, politique à l’origine, mais devenue actuellement économique et sociale, par sa persistance et ses impacts, trouvait sa source moins dans un mouvement dirigé par le maire d’Antananarivo que dans un complot organisé avec une fraction de l’armée.

L’existence d’un coup d’Etat, assorti de faits de corruption de haut niveau, semble actuellement incontestable, compte tenu des révélations de divers véritables acteurs militaires et/ou civils.

Dès lors, il y a eu à Madagascar, un changement de pouvoir foncièrement antidémocratique.

Les accords de Maputo, élaborés sous l’égide de la Communauté internationale, complétés par l’acte additionnel d’Addis-Abeba, malgré l’apposition de signature en bonnes et dues formes des parties prenantes, n’ont reçu aucune application du fait de la mouvance Andry Rajoelina (non adimpleti contractus) et du fait également de l’absence de force exécutoire des dits accords;

Tous les efforts consentis, tant au niveau international que national, en vue du retour a l’ordre constitutionnel, n’ont pas permis, jusqu’à nos jour, de trouver une solution idoine pour une sortie de crise.

Par ailleurs, les autorités de fait adoptent une attitude inspirée de « la politique d’autruche », visant fondamentalement à mettre tout le monde, y compris la Communauté internationale, devant le fait accompli.

Cependant, la même Communauté internationale n’a jamais reconnu les décisions et autres démarches unilatérales de la HAT.

Il en est ainsi du Référendum constitutionnel du 17 novembre 2010. Pour des raisons de pure convenance diplomatique, Dr Leonardo Simao n’a pas voulu polémiquer publiquement sur la non-reconnaissance de la constitution qui en est issue. En effet le refus d’accepter la validité de ladite constitution implique la suppression de l’intérim de la présidence de la République par le régime de fait et par conséquent, la suppression de tout semblant base de légalité du pouvoir de fait.

La Constitution, qualifiée à tort comme celle de la IVème République, n’est en réalité qu’un subterfuge de la HAT pour extorquer une légitimité introuvable et non justifiée et par conséquent, en vue d’induire en erreur la Communauté internationale.

Outre non-adhésion à son contenu, la question se pose en effet de connaître l’utilité d’une Constitution si on n’a pas la volonté politique d’appliquer. A quoi bon l’avoir fait adopter si les négociations pour la mise en place d’une véritable Transition ne sont pas encore épuisées.

La feuille de route élaborée par le Dr Leonardo Simao paraît très ambiguë sur son contenu et dont la mise en œuvre aurait institué une royauté Rajoelina a Madagascar.

La recherche de solutions doit s’inspirer des principes de la défense des droits de l’Homme et du développement du processus de la normalisation démocratique.

Aussi est-il proposé, pour la mise en place d’une authentique Transition neutre, inclusive et consensuelle, la recomposition, au lieu d’un simple élargissement de toutes les Institutions de la Transition.

Le processus sera volontairement progressif dans un souci de sérénité et d’apaisement.

Il consistera notamment à:

1- mettre en place un Parlement Bicaméral recomposé, dont l’ossature est constituée des anciens membres élus démocratiquement;

2- désigner, au niveau conjoint du CT et du CST, un Premier Ministre qui sera chargé de former un Gouvernement.

Le gouvernement d’Assemblée et d’union nationale ainsi formé disposera des pleins pouvoirs d’Etat pour mener à bien les missions qui lui seront confiées et particulièrement pour préparer, en collaboration avec la CENI, des élections réellement libres, transparentes et crédibles.

Par conséquent, la présidence de la Transition sera, à terme, une fois que le Premier-Ministre sera en mesure d’exercer la plénitude de ses fonctions, transformée en Praesidium (une direction avec à la tête, plusieurs personnes ou plusieurs entités).

Le Praesidium sera composé des quatre chefs de mouvances et dispose de fonctions essentiellement honorifiques.

Le Comité de réconciliation National sera mise en place.

Les autres Institutions : CENI, HCC, seront revues dans leur composition respective.

Par ailleurs, au titre des mesures d’accompagnement et dans le cadre de la promotion de la démocratie, il est souhaitable et judicieux d’apporter les soutiens techniques et financiers nécessaire au FFKM.

En effet, la FFKM, dont les bases sont éparpilles dans tout le pays, est la seule organisation non-gouvernementale qui dispose d’une couverture nationale.

A ce titre, elle est la plus indiquée et la plus représentative de la société civile malgache qui est sollicitée pour assumer le rôle d’observateur des élections.

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