Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
rov@higa

Madagascar : réenchanter notre diplomatie !

24 Octobre 2011, 11:39am

Publié par Patrick Rajoelina

http://www.madaonline.net/files/images/stories/articles/pr_02.jpg

Patrick Rajoelina

 

 

Après 1.000 jours de crise, la Grande île semble avoir trouvé le chemin de l’apaisement : une feuille de route a été adoptée par la classe politique, un Premier ministre de consensus devrait être nommé d’ici peu et les élections générales, seul gage pour une issue démocratique à la crise, pourraient se dérouler au cours du premier semestre 2012.

Il était temps ! Surtout pour notre économie et notre crédibilité à l’extérieur.

Car en effet, au fil des ans, notre image s’est extrêmement dégradée. La Communauté internationale, si prompte à fournir une aide financière massive aux Transitions libyenne, tunisienne et égyptienne, nous tourne le dos depuis de trop longs mois.

Face à cela, il ne nous faut compter que « sur nos propres forces », comme le disait le Président Mao !

Un souffle nouveau, animé par des personnes crédibles, doit donner à notre pays une nouvelle identité diplomatique et médiatique.

Une identité plus conforme à ce que nous sommes : un peuple pacifique, en quête de progrès économique et vivant dans un pays luxuriant, béni des Dieux.

Il faut réenchanter notre diplomatie avec des méthodes nouvelles, un message nouveau et des équipes familières des lieux de pouvoir en Occident !

Nous devons aussi rappeler l’importance de la coopération internationale (en tout premier lieu avec nos voisins d’Asie et de l’océan Indien) pour sortir de cette pauvreté. Cette misère que nombre d’observateurs un peu avertis ne comprennent pas !

Ce combat diplomatique contre la pauvreté et pour la dignité de notre Nation, personne ne viendra le livrer à notre place. En 2012, les grandes nations occidentales seront en année électorale (USA, France, Allemagne, Espagne, Russie…). Et chacun le sait, « le plus difficile n’est pas de rester debout. C’est de se relever chaque fois qu’on tombe. »

Alors, pour relever ce défi du développement et de la restauration de notre image, nous devons élaborer une diplomatie offensive et totalement axée vers le progrès économique de notre Peuple et donc offrir la plus parfaite sécurité aux investissements nationaux et étrangers.

Notre cible prioritaire est la création d’emplois, la formation de notre jeunesse aux technologies nouvelles et l’équipement massif dans le secteur de la santé publique et de l’accès à l’eau.

Cette diplomatie pédagogique de combat aura également à cœur de promouvoir le rayonnement international de notre culture. En effet, chacun sait que des concerts de Rossy, d’Eric Manana ou de Mahaleo, des expositions artisanales ou des conférences culturelles organisées par les associations de la communauté malagasy à l’étranger sont particulièrement importants pour notre image.

Ces manifestations culturelles viendraient naturellement en complément de notre action diplomatique traditionnelle.

Ainsi, c’est tous ensemble, que nous devons préparer la restauration de notre image auprès des principaux décideurs politiques et économiques internationaux. Mais aussi auprès des bailleurs de fonds ou des prescripteurs touristiques.

De même, nous devons pouvoir disposer d’une Agence de communication gouvernementale digne de ce nom afin de mobiliser les médias internationaux sur l’actualité de notre Pays.

Cet accès aux médias internationaux, dans un souci pédagogique, est une priorité vitale pour réussir notre entrée dans la Quatrième République. Aujourd’hui, tout se fait par l’image, et plus généralement par la communication (électronique) tous azimuts et les réseaux sociaux mondiaux.

Enfin, nous devons mobiliser tous les Malagasy « de l’extérieur » de bonne volonté qui disposent de réseaux d’amitié et professionnels puissants à l’étranger.

Des Malagasy crédibles et surtout disponibles pour servir l’image de notre Nation. Les exclure n’aurait pas de sens. Et en tout cas, ce serait se priver d’une véritable « puissance dormante ». Car en effet, mettre tous les Malagasy (quel que soit leur lieu de résidence) au service du Pays est devenu une ardente obligation. « Tao trano tsy efan’irery » (« une maison ne se construit pas seul »). 

C’est à ce prix, et seulement à ce prix que notre Pays pourra progresser et retrouver sa vraie place dans le concert des nations !

 

Par Patrick RAJOELINA 

Président du mouvement civique FANORENANA 

Membre du Conseil constitutionnel (CCC) de Madagascar 

Commenter cet article