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rov@higa

Lettre ouverte à la Communauté Internationale

19 Mai 2011, 09:53am

Publié par GTT International Geneve

SOS MADAGASCAR: NON à la reconnaissance du régime putschiste

 

Madagascar souffre actuellement d’une situation socio-économique désastreuse qui devient de plus en plus insupportable pour l’ensemble de la population. Pillage, braderie illégale et permanente du patrimoine national, corruption à tous les niveaux, flambée des prix, et violations graves des droits de l’Homme (intimidations, assassinats d’opposants,...) sont autant de situations graves auxquelles les Malagasy sont confrontés quotidiennement depuis le coup d’Etat de mars 2009.

De plus, en 26 mois de crise, Madagascar a enregistré plus de 2 millions de personnes victimes du chômage, près de 400 prisonniers politiques sans jugement pour la plupart et près de 1600 enfants mineurs disparus.

Nous saluons les efforts déployés par le GIC pour aider les Malagasy à chercher une issue à cette longue crise politique. La réunion au sommet des Etats membres de la SADC à Windhoek et les rencontres préalables entre les 4 mouvances et SEM  Hifikepunye Lucas Pohamba, Président de la Namibie et non moins Président en exercice de la SADC témoignent de cette volonté.

A l’issue de ces rencontres, ce dernier a confirmé que la SADC et le gouvernement namibien ne reconnaissent pas le nouveau gouvernement mis en place par Rajoelina. Cette position est en parfaite cohérence avec celle  de l’Union Africaine et de la SADC concernant les changements  anticonstitutionnels sur le continent africain.

Rappelons que, contrairement à l’attitude de la France qui n’a jamais caché son soutien aux auteurs du coup d’Etat du 17 mars 2009, les autres Etats membres de l’UE ont choisi la fermeté et l’intransigeance vis-à-vis des putschistes en qualifiant la prise de pouvoir par Andry Rajoelina de «violation flagrante de la démocratie et de l’Etat de droit ».

Le représentant de l’Union Européenne à Madagascar,  M. Leonidas Tezapsidis, a encore confirmé cette position ce lundi 9 mai 2011 à l’occasion de la fête de l’Europe en déclarant que « l’Union (Européenne) maintient sa position ferme pour Madagascar » et“ prévient contre toute décision qui s’écarte de la voie consensuelle et inclusive pour la sortie de crise”.

De même, la récente déclaration de M. Louis Michel, à l’issue de la 21ème session de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE à Budapest (Hongrie) est sans équivoque : Rajoelina et sa clique, qui incarnent l’illégalité, ne devaient pas se trouver à Istanbul lors de la Conférence de Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés au risque de créer un fâcheux précédent. Il a aussi appelé la Communauté Internationale à « mettre la pression maximale» sur les putschistes.

Actuellement, Rajoelina et son équipe entament une campagne tous azimuts à la recherche de la reconnaissance internationale A ce titre, la rencontre entre le Ministre français des Affaires étrangères, M. Juppé, et le jeune chef putschiste pour laquelle nous avons exprimé notre indignation constitue insulte et une déclaration de guerre au peuple Malagasy déjà meurtri par 26 mois de régime totalitaire.

Fort de l'appui de la France, Rajoelina et sa clique continuent, non sans arrogance, de défier la Communauté Internationale en persistant dans leur unilatéralisme habituel confirmé par plusieurs faits :  

·        le sabotage du processus de sortie de crise: les Accords signés de Maputo et d’Addis Abeba sont reniés par le chef des putschistes. De son côté, la France a voulu imposer une feuille de route parallèle qui accorde le plein pouvoir à Rajoelina et empêche le Président élu de rentrer à Madagascar. Cette feuille de route a d’ailleurs été  rejetée par les trois mouvances,

·        la tenue du pseudo référendum constitutionnel de novembre 2010 qui, rappelons-le, a été largement boycotté et non reconnu par l’ensemble des instances internationales,

·        le recours à de faux partis politiques pour “gonfler” les signataires de la feuille de route parallèle et donner ainsi l’impression d’une adhésion massive à la politique de la HAT,

·        la mise à l’écart des représentants de la société civile, la CNOSC, qui non seulement incarne le dialogue Malgacho-malgache mais surtout avance des propositions pertinentes pour une sortie de crise consensuelle et durable dans son rapport final n°4 du 19 avril 2011,

·        la formation d’un nouveau gouvernement faussement consensuel avec la participation de quelques personnes dissidentes et complices animées par la seule recherche d’intérêts personnels,

·        la reconduction de Camille Vital à la tête du nouveau gouvernement, preuve que ce n’est que du changement dans la continuité,

·         le remplacement des élus locaux par des personnes à la solde du régime,

·         la volonté unilatérale et précipitée d’organiser des élections pour le mois de septembre 2011 et ce, avec le concours de la France à travers l'OIF et la COI, deux organismes à très forte influence française.

 

Tout ceci constitue une stratégie mise en place par le pouvoir de fait, obsédé par la recherche de la reconnaissance internationale, de vouloir induire en erreur la Communauté Internationale notamment à l’occasion de la réunion au sommet de la SADC le 20 mai 2011 qui sera décisive pour Madagascar et le peuple Malagasy .

Aussi, nous demandons à la Communauté Internationale:

·         de ne pas se laisser séduire par les arguments fallacieux des putschistes et de refuser toute reconnaissance officielle à ce régime totalitaire,

·         d’œuvrer pour exiger un vrai gouvernement de transition inclusif et consensuel où toutes les mouvances sont représentées conformément aux Accords de Maputo et à l’Acte additionnel d’Addis Abéba, qui restent la seule garantie pour des élections libres et transparentes,

·         de confirmer l’application effective des sanctions décidées par l’Union Africaine à l’encontre des auteurs du coup d’Etat,

·         d’ordonner la libération des prisonniers politiques et le retour sécurisé de M. Marc Ravalomanana, Président élu démocratiquement et seul gage d’une paix sociale durable pour le pays,

·         de contribuer au désarmement des milices sur lesquelles s’appuie le pouvoir putschiste,

·         de garantir le respect des droits civiques et politiques de tous les Malagasy sans exception et notamment le droit de participer  librement aux élections

·         d’assurer le respect des droits fondamentaux pour tous les Malagasy sans exception. plus particulièrement ceux de pouvoir entrer et sortir librement du territoire.

·         de se porter caution pour l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles et ne pas la laisser à d’autres organismes à la solde de l’ancienne puissance coloniale dont l’objectivité et la neutralité sont douteuses.

 

Enfin, en 2 ans de combat contre ce régime dictatorial, le peuple Malagasy a besoin de vous. Nous n’oserons pas imaginer un seul instant que vous puissiez l’abandonner dans sa lutte pour recouvrer la liberté et la démocratie. Le vent de la DEMOCRATIE devrait-il se limiter aux pays du Maghreb et du Proche et Moyen Orient ?

 

 

GTT INTERNATIONAL GENEVE – Collectif de la Diaspora

15, rue des Savoises

Genève - SUISSE

 

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