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rov@higa

Lettre ouverte à la Communauté Internationale

24 Avril 2012, 10:43am

Publié par Zo

MADAGASCAR : halte aux manœuvres politiciennes de la France pour éliminer le Président Ravalomanana

Madagascar souffre actuellement, après 3 ans de crise, d’une situation socio-économique désastreuse qui devient de plus en plus insupportable pour l’ensemble de la population. Insécurité permanente, braderie illégale du patrimoine national, corruption à tous les niveaux, flambée des prix (le riz, l'électricité, le carburant) et violations graves des droits de l’Homme (intimidations, assassinats d’opposants,...) sont autant de situations graves auxquelles les Malagasy sont confrontés quotidiennement depuis le coup d’Etat de mars 2009.

Alors que 8 Malagasy sur 10 vivent avec moins de 1 EUR par jour (selon le PNUD), les conséquences sont tout simplement dramatiques:
- le niveau de pauvreté atteint actuellement 77% de la population, le plus élevé en Afrique (une augmentation de 20% depuis 2008 d’après la Banque Mondiale),
- 57% de la population ne mangent plus à leur faim (selon le quotidien La Gazette de la GI dans son édition du 6 mars 2012),
- de plus en plus d’enfants ne peuvent plus être scolarisés faute de moyens pour les parents.

Rappelons par ailleurs que, contrairement à l’attitude de la France qui n’a jamais caché son soutien -très actif- aux auteurs du coup d’Etat du 17 mars 2009, les autres Etats membres de l’UE ont choisi la fermeté et l’intransigeance vis-à-vis des putschistes en qualifiant la prise de pouvoir par Andry Rajoelina de «violation flagrante de la démocratie et de l’Etat de droit ».

Actuellement, la France mène une campagne tous azimuts auprès de la Communauté Internationale en général et le Parlement européen en particulier, pour empêcher les trois présidents élus (Mrs Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana) ayant une légitimité certaine de se présenter aux élections. Nous exprimons notre indignation car cela constitue une insulte à la Démocratie et au peuple Malagasy déjà meurtri par plus de 36 mois de régime totalitaire.

Fort de l'appui de la France, Rajoelina et sa clique continuent, non sans arrogance, de défier la Communauté Internationale en persistant dans leur unilatéralisme habituel confirmé par plusieurs faits :  
- la mise en place unilatérale de toutes les institutions de transition,
- le recours à de faux partis politiques pour “gonfler” la liste des participants aux Institutions de la Transition et donner ainsi l’impression d’une adhésion massive à la politique de la HAT,
- la violation continue des articles 16 et 20 de la feuille de route, permettant l’apaisement et stipulant l’arrêt des poursuites judiciaires, des répressions et le retour des exilés politiques, notamment du président Ravalomanana et sa famille,   
- la volonté unilatérale et précipitée d’organiser des élections pour cette année et ce, avec le concours de la France à travers l'OIF et la COI, deux organismes à très forte influence française.
- l'adoption sans aucun amendement du Projet de loi d'amnistie en l'absence des membres des mouvances de l'opposition.

Tout ceci fait partie de la stratégie mise en place par le pouvoir de fait, obsédé par la recherche de la reconnaissance internationale, de vouloir induire en erreur la Communauté Internationale.

Aussi, nous demandons à la Communauté Internationale en général et à l'UE en particulier:
- de ne pas se laisser séduire par les arguments fallacieux des putschistes et de refuser toute reconnaissance officielle à ce régime totalitaire,
- d’œuvrer pour exiger un vrai gouvernement de transition inclusif et consensuel où toutes les mouvances sont équitablement représentées. Ce sera la seule garantie pour des élections libres et transparentes,
- de confirmer l’application effective des sanctions décidées par l’Union Africaine à l’encontre des auteurs du coup d’Etat,
- de veiller à l’application stricte des articles 16 et 20 de la  Feuille de Route, notamment la libération des prisonniers politiques et le retour sécurisé de M. Marc Ravalomanana, Président élu démocratiquement, seul gage d’une paix sociale durable pour le pays,
- de garantir le respect des droits civiques et politiques de tous les Malagasy sans exception surtout le droit de participer  librement aux élections,
- d’assurer le respect des droits fondamentaux pour tous les Malagasy sans exception, plus particulièrement ceux de pouvoir entrer et sortir librement du territoire.        
- de se porter caution pour l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles et ne pas la laisser à d’autres organismes à la solde de l’ancienne puissance coloniale dont l’objectivité et la neutralité sont douteuses.
   
Enfin, en 3 ans de combat contre ce régime dictatorial, le peuple Malagasy, exténué par une si longue crise qu'il n'a pas choisie, a besoin de la Communauté Internationale. Nous n’oserons pas imaginer un seul instant que vous puissiez l’abandonner dans sa lutte pour recouvrer la liberté et la démocratie. C'est quand même la vie de 20 millions de personnes qui est en jeu.

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