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rov@higa

LE « NOUVEAU » HOTEL DE VILLE

13 Décembre 2010, 16:32pm

Publié par rovahiga

 

 

Il serait de très mauvaise foi de ne pas reconnaitre que le nouveau Hôtel de Ville est d’une beauté architecturale digne d’une capitale. Même si la logique veut que ce soit l’ancienne qui fusse reconstruit et rebâti tout en gardant l’architecture originale, mais là aussi le changement est passé. Plus jamais ce bâtiment flambant neuf ne reflètera la mémoire des millions de tananariviens en particulier et les dizaines de millions de malagasy en général. Nous sommes  maintenant amputés d’une large frange de notre histoire et devons désormais bon gré mal gré tourner résolument le regard vers l’avenir. Est-ce une bonne ou mauvaise chose ?

Dans sa quête de modernité et de nouveauté, la population ne tournera pas le dos à cette magnifique réalisation, comme pour toutes les réalisations des différentes républiques qui se sont succédé à une allure, il faut le dire, trop rapide pour cacher le « mal être » des générations de l’après l’indépendance.

Andry Rajoelina a bousculé toutes les traditions, us et coutumes, pour conditionner psychologiquement le peuple à ne plus voir, entendre et vouloir que son auguste personne. C’est de bonne guerre et encore une fois, Rajoelina contre vents et marées mène « bien » son bateau à bon port. Le Palais d’Ambohitsorohitra, le Palais d’Iavoloha, le Rova de Manjakamiadana, la Stèle sacrée de Mahamasina et bien d’autres ne feront plus que rappeler le président de la transition. Faut-il l’arrêter, et qui peut l’arrêter ? De quelque côté que l’on se tourne, l’horizon n’apporte rien de bien nouveau. Si, quelques apparitions fugaces de quelques mouvements de revendication, quelques meetings parfaitement maitrisés par les forces de l’ordre, et quelques va-et-vient de hautes personnalités dont les bonnes intentions se heurtent à l’autisme chronique des dirigeants de fait. De guerre lasse, le citoyen lambda n’a d’autre choix que de se concentrer plus intensément sur son devenir immédiat,  qu’à son avenir à long terme hélas consigné par les politiciens.

L’appétit venant en mangeant, le nouveau maitre de Madagascar qui n’attend plus que son sacre prochain a quand même un dilemme à résoudre. Faut-il avancer la date des présidentielles ? Si oui, cela risquerait de provoquer inutilement une accélération de la réaction de la communauté internationale dans le sens non voulu : une non reconnaissance mieux  concertée et plus rigoureuse. Si non, ce serait donner une formidable occasion aux opposants de se relever et mieux s’organiser pour parvenir à leurs fins.

 

rov@higa

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