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LE « NON » DE L’ASSOCIATION « MANAJARY VAHOAKA »
Photo; courrierdemada.com
L’association dirigée par Haritsilavo Rakotoson sortant d'Harvard Kennedy School et Sahondra Rabenarivo Docteur en Droit de Harvard Law School, mine de rien, enclenche la vitesse supérieure dans leur campagne pour faire voter « NON » au référendum du 17 novembre.
A une quinzaine de jours de l’échéance, si tout va bien pour la HAT, tous les électeurs devraient se prononcer sur le projet de constitution préparé par le régime de fait. Les débats à défaut d’être largement publics se font « en privé », entre collègues de bureau, voisins, amis, chez le coiffeur ou le couturier, au marché, dans les « taxibe », à la sortie des églises…
Tandis que des millions d’électeurs « dépendent des meetings et des spectacles qu’on leur offrent », d’autres millions vaquent à leurs tâches quotidiennes en y pensant à grand peine. Par contre, ceux qui possèdent l’avantage d’évoluer en milieu urbain notamment les grandes villes, les chefs lieux de provinces, commencent à se torturer le méninge pour savoir ce qu’il faut en penser vraiment : OUI, NON ou s’abstenir ? Ce dilemme est suivi généralement d’une recherche incessante d’information. Les journaux, l’actualité télévisée, les news sur le web, tout y passe pour se forger des idées des plus sensées.
Depuis l’annonce de l’avènement de l’association « Manajary vahoaka » qui prône le NON, ceux qui croyaient avoir fait leur choix se retrouvent soudain comme devant un miroir et commencent à se poser des questions.
Photo: facebook
Ci-après un résumé des arguments avancés par « Manajary Vahoaka » pour son choix :
(…)
"Le
projet de Constitution qui devrait être soumis au référendum ne répond pas aux attentes de changement", indique Sahondra Rabenarivo, Docteur en Droit de Harvard Law School, plus que
déterminée à faire voter pour le NON lors du référendum du 17 novembre. Forte de ses expériences et connaissances sur l'histoire politique du pays de l'Oncle Sam, Sahondra Rabenarivo, juriste
d'affaires, défend becs et ongles qu' "avec
ce projet on risque de remettre en œuvre toutes les pratiques d'antan qui ont conduit le pays à la misère”. Sahondra Rabenarivo, qui n'a pas manqué de signaler dans son intervention,
lors de la conférence-débat sur le projet de Constitution au Café de la gare Soarano, la liaison intime entre "Histoires
du pays et la rédaction de la Constitution", soutient que "le
plus jamais ça" devrait être un principe de base aux leçons du futur dans une vie politique d'une nation. Or, d'après cette dernière, et via le projet de Constitution, aucune avancée
n'est nulle part enregistrée dans l'exercice du pouvoir, si le OUI l'emporte. Ni la structure de gouvernance, ni la culture de l'impunité n'ont connu une stricte amélioration dans le projet de
Constitution actuel.
Réalité "sur papier"
La déconcentration et la décentralisation demeurent également, comme dans les précédents régimes, une réalité "sur
papier" car leur effectivité n'y est pas garantie. Dans la pratique, poursuit-elle, "le
régime mixte semi parlementaire" n'assurera pas une réelle compétence du parlement dans la nomination du Premier ministre et conduit à une incorporation de l'exécutif avec le
législatif. Par ailleurs, en matière de décentralisation, entre autres, "il
n'existe pas une répartition claire des compétences des collectivités territoriales décentralisées". Mais "le
pire" selon Sahondra Rabenarivo, c'est que dans le projet de Constitution, le président de la République, par décret pris en conseil de Ministre, aura droit "à
fixer le nombre des parlementaires et la date des élections". Ces pratiques ne sont pas dignes d'un pays qui prétend être démocratique, conclut-elle.
Quant à Harotsilavo Rakotoson, l'autre intervenant qui a orienté son analyse dans le social, le grand hic dans le projet de Constitution, "c'est
le manque d'une prise en compte effective d'un projet de société". "La
communauté nationale et celle de la vie quotidienne ne sont pas définies dans le projet", rétorque ce sortant d'Harvard Kennedy School. Harotsilavo Rakotoson se désole ainsi de
l'absence des dispositions relatives à l'Enseignement supérieur dans le projet de Constitution. Par ailleurs, selon toujours Rakotoson Harotsilavo qui note l'absence des avancées en matière de
pratiques constitutionnelles dans le pays, il est temps "de
mettre fin au déclin du pays et de dire non à ce qui ne va pas sinon on risque, dans les trente prochaines années, de rester au même niveau économique actuel du pays".
Suite aux différentes analyses et prises de positions, nous aurons à choisir entre :
1/-S’ABSTENIR
*Pour ne pas cautionner un pouvoir issu d’un coup d’état,
*Pour ne pas se rendre complice de la dilapidation des deniers publics,
*Pour ne pas reconnaitre un processus unilatéral de sortie de crise que la Communauté Internationale rejette à l’unanimité.
2/-VOTER POUR LE NON
*Voir les arguments cités plus haut par « Manjary Vahoaka »,
*Il ne s’agit pas de reconnaitre le pouvoir en place, ni entériner le processus unilatéral, mais bien de battre le pouvoir illégal sur son propre terrain, puisqu’il n’y a pas d’autres choix pour le chasser à moins de recourir encore une fois à la force. Une éventualité qui présenterait un trop grand risque pour l’unité nationale.
*Pour l’assurance que la majorité du peuple malagasy peut très bien se rendre compte de l’aventurisme des putschistes, de leur fuite en avant, si la majorité silencieuse, ceux qui appellent au boycott et toute l’opposition en général décident à s’unir et vote NON en masse.
Nous en sommes conscients, ceux qui veulent voter NON devraient ratisser le plus large possible, mais doivent éclaircir certains points encore obscurs :
-Qu’est ce qui se passerait en cas de victoire du OUI ? Car se serait reconnaitre le pouvoir illégal avec un taux de participation inespéré pour les putschistes !
-Si le NON l’emportait, quelle serait la garantie que les tenants du pouvoir accepteraient les conséquences d’une défaite ? De quelle constitution allons-nous nous servir ?
Nous pensons, qu’il serait plus dur pour « Manajary Vahoaka » d’expliquer aux électeurs et de les convaincre que la suite d’une victoire serait synonyme de réconciliation, de sécurité et de paix.
3/-VOTER POUR LE OUI
Nous n’en dirons rien pour…
Rappelons cependant que tous ces problèmes ne se poseraient que si le référendum ait lieu. D’ici là, on serait certainement fixé.
rov@higa
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