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rov@higa

La conférence de Presse de Ravalomanana en Français

17 Février 2011, 19:34pm

Publié par MyDago

Voici la traduction libre par Guy Rivo Randrianarisoa de la déclaration du Président Marc Ravalomanana ce jeudi 17 février 2011

 

http://mydago.com/wp-content/uploads/2011/02/Ravalomanana_17_fev_2011-300x200.jpg

http://mydago.com/2011/02/la-conference-de-presse-de-ravalomanana-en-francais/

 

Mesdames, Messieurs, merci pour votre présence. Et merci pour l’intérêt que vous portez à Madagascar.

Je suis le Président de Madagascar, élu démocratiquement et conformément à la constitution.

Mais je ne suis pas le seul responsable de l’événement dont vous êtes les témoins aujourd’hui; il fait partie intégrante d’une large stratégie organisée par tous les membres des principaux mouvements politiques à Madagascar.

Je suis fier, aujourd’hui, d’épauler mes concitoyens – et concitoyennes qui se battent pour la liberté de la démocratie – pas seulement ceux de mon propre parti, mais également tous ceux d’autres mouvements politiques, y compris ceux loyaux à d’autres anciens présidents.

Je salue et accueille tous ceux qui nous ont réunis contre le coup d’état qui a mis fin à la démocratie et à la liberté dans notre pays bien-aimé. Il a plongé notre peuple dans une sombre période de souffrance.

Ma présence ici aujourd’hui est destinée à annoncer une initiative importante, multipartite et personnelle dans la lutte pour la démocratie – une initiative qui va dramatiquement changer le débat sur Madagascar, ainsi que son futur et qui va assurer la suprématie de la volonté du peuple Malgache.

Ce régime illégal a obtenu le pouvoir de façon anticonstitutionnelle. Le déclarer un coup d’état illégal ne se base pas sur mon opinion personnelle, mais sur l’opinion officielle de la SADC et de l’UA. Ils ont suspendu le régime de toutes leurs activités et lui ont imposé des sanctions officielles – une réaction assez rare prise à l’encontre d’un autre état africain.

Les USA, la Communauté Européenne, et la communauté internationale dans son ensemble ont refusé de reconnaître ce régime et ont suspendu toute forme de contact et d’assistance.

Tout récemment, de nouvelles informations sur le coup nous sont parvenues d’un officier de l’armée de haut rang. Comme je l’ai souvent répété, ces affirmations confirment l’implication d’une petite partie de l’armée et des forces paramilitaires dans ce coup.

Au lieu de condamner les dirigeants du coup, de fausses accusations ont continué à être faites contre moi. J’ai demandé, en de nombreuses occasions, qu’une commission d’enquête internationale soit mise en place pour investiguer ces accusations sans fondement. Je réitère cet appel aujourd’hui.

La Court Internationale de Justice de La Haie a dit que ma inculpation n’aurait jamais dû avoir lieu.

J’ai apporté mon soutien inconditionnel à la médiation de la SADC effectuée par l’ancien Président Chissano depuis 2009.

En terme d’archives publiques, j’ai signé les Accords de Maputo et l’Acte Supplémentaire d’Addis Ababa, sans réserve. Ma participation dans les pourparlers de Pretoria en avril 2010 a supporté le procédé conçu par le Président Chissano.

J’ai aussi donné mon soutien au rôle prédominant joué par le Président Zuma dans ces médiations. Il a, lui aussi, mentionné l’importance de résoudre cette crise dans sa dernière Adresse à la Nation.

Permettez moi de faire une remarque qu’avant les pourparlers de Pretoria, j’étais déjà au courant qu’un projet alternatif circulait pour contourner l’initiative de la SADC.

Ses points principaux étaient que Rajoelina devrait être un président de transition, avec son propre gouvernement et non un gouvernement d’inclusion.

Selon ce plan, je n’aurais pas été autorisé à regagner mon pays.

Mesdames, Messieurs, ce régime illégal a ouvertement défié les accords de la SADC et n’a implanté aucune de ses recommandations.

Le Sommet Extraordinaire de la SADC, qui s’est tenu au Botswana à la fin de l’année passée et qui a été attendu par 14 Chefs d’Etat et de Gouvernement ou par leurs représentants, a noté :

<span>Extrait:  “</span>la situation politique à Madagascar reste fragile et sans solution. Malgré toutes les tentatives de médiation conduites par la SADC, les accords conclus n’ont pas été respectés ou ont été violés en de nombreuses occasions, notamment par l’Autorité de Haute Transition (AHT)…’<span> </span>

Ceci signifie que le régime illégal a saboté toutes les tentatives de médiation.

Au cours de sa rencontre à Windhoek, la SADC a réaffirmé ceci et a recommandé en plus :

<Extrait:“la SADC, l’Union Africaine et la communauté internationale au sens large doivent apporter leur support politique, technique, matériel et financier au processus de dialogue Malgacho-Malgache …” </span>’

La situation politique et la situation des droits humains est maintenant autocratique.

Il n’y a pas de liberté d‘expression.

Il n’’y a pas de liberté de la presse.

Il y a une peur de l’intimidation.                                         

Il y a des détentions arbitraires.

Il y a une suppression de toute forme de criticisme ou d’opposition.

En 2010, le Conseil des Droits Humains de l’ONU a exprimé ses inquiétudes à propos de la situation à Madagascar.

De nombreux Malgaches sont aujourd’hui en exil ou en prison.

Ce régime illégal  est impliqué dans une campagne de propagande destiné à se legitimiser lui-même.

La persistante approche unilatérale ne remplace pas un processus de négociation multipartite crédible.

Ce régime est illégal. Il ne peut pas se legitimiser lui-même.

Nous pourrions peut être comparer ceci au régime de l’apartheid qui a introduit une nouvelle constitution et des réformes en 1983 mais qui a exclu des dirigeants légitimes comme Nelson Mandela. La communauté internationale n’en a pas été dupe. Comme elle ne l’est pas non plus par les manœuvres de ce régime illégal

Les derniers développements sont un nouveau projet proposé par les médiateurs de la SADC.

Veuillez noter que ceci n’est pas un projet officiel de la SADC mais qu’il est seulement proposé par un individu de l’équipe de médiation.

C’est un plan de transition pro-Rajoelina destiné à me garder hors de Madagascar et hors de toute participation politique.

Ceci est inacceptable.

Ceci est antidémocratique.

Ceci est un mauvais exemple pour l’Afrique.

Ceci récompense les dirigeants du coup.

Ceci ignore les résolutions africaines sur les régimes anticonstitutionnels.

Ceci ne va qu’approfondir la crise.

Ceci ne résout rien.

Ceci exclut trop de voix politiques, et confère une légitimité à un régime illégal.

Ceci empêche les électeurs de choisir qui ils veulent.

Ceci ne constitue pas les fondations d’une démocratie durable.

Mesdames, Messieurs, dans le contexte d’un pays brisé et de médiation à l’arrêt, laissez-moi révéler notre alternative démocratique.

Nous aurons besoin de l’aide et du support de tous les corps internationaux, de la SADC, de l’Union Africaine, des Nations Unies, de la Communauté Européenne, des Etats Unis – et bien entendu, du monde entier – dans notre lutte pour ramener la démocratie à Madagascar.

Mais ce dont nous avons désespérément besoin est d’un vrai dialogue Malgacho-Malgache. C’est la recommandation de la SADC. C’est par là que nous devons commencer. Alors la communauté international pourra nous supporter.

La société Malgache; tous les membres des quatre mouvements politiques; toutes les parties politiques, les églises, toute la société civile – aussi inclusifs que nous puissions l’être – doivent se réunir pour définir une solution pour eux-mêmes.

La médiation internationale, aussi qualifiée soit elle, ne peut pas remplacer le dialogue entre frères; ni le processus d’ennemis politiques qui se réunissent, en temps que patriotes, dans l’intérêt d’un pays que nous aimons tous — pour définir une solution pacifique, durable et prospère.

Je crois que seul un vrai consensus national, forgé par le peuple Malgache, au travers de discussions directes dans notre propre pays, peut nous ramener à la démocratie – et peut assurer que personne ne pourra plus jamais saisir le pouvoir illégalement à Madagascar.

Mettons, mettons tous nos différences de côté. Trouvons, et écoutons la voix du peuple. Faisons ce qui est le mieux pour notre pays – et pas ce qui convient à nos propres intérêts personnels.

L’intérêt national est au-dessus de nos intérêts. Je suis prêt à écouter un chacun. Je suis prêt à parler à chacun.

Je fais ceci humblement, de façon à ce que nous puissions retourner à la démocratie, et, ensemble, créer un brillant future pour Madagascar.

Ceci doit amener des élections libres et loyales, au cours desquelles tout quiconque voudra être candidat pourra l’être.

Pour construire une telle société, pour aider à ramener la démocratie, il est temps que je retourne au pays.

Je veux diriger par l‘exemple. Je veux, avec vous tous, m’élever pour la paix et la démocratie et pour le droit à  la liberté de choix pour le Malgache ordinaire.

Ils méritent bien que nous tous leur donnions ce droit. Ils ont souffert et ont subi bien des abus ces derniers temps.

Je veux, avec vous tous, assurer un futur honorable pour notre pays, pour assurer que nous puissions siéger fièrement dans la communauté des nations.

En fonction de quoi, je veux informer tous ceux qui me regardent et m’écoutent aujourd’hui, aussi bien en Afrique du Sud qu’à Madagascar et que dans le reste du monde, que je vais retourner au pays après-demain, le samedi 19 février – mettant fin ainsi à mon exil loin de notre Madagascar bien-aimée.

J’ai l’intention de toucher tous les Malgaches pour construire un consensus pour la paix. Je connais les risques que je cours en retournant, mais je ne peux les laisser entraver le chemin qui nous permettra de restaurer la démocratie. Je n’ai rien à craindre. Je n’ai rien fait de mal.

Mesdames, Messieurs, ceci est un moment important. Nous  avons été inspirés et gratifiés par les aspirations démocratiques en Tunisie, en Egypte et dans d’autres pays.

Le désir de liberté brûle dans mon coeur. Notre rêve de liberté ne peut pas être étouffé plus longtemps.

Merci au peuple et au Gouvernement d’Afrique du Sud. J’espère qu’ils vont comprendre et donner leur support à mon retour. Mes actions sont guidées par Dieu et par les meilleurs intérêts pour notre pays. Je suis impatient d’être au pays, avec mes concitoyens – et mes concitoyennes. La vraie démocratie ne demande rien de moins.

Que Dieu bénisse Madagascar.

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