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rov@higa

JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR (08/12/11)

8 Décembre 2011, 15:17pm

Publié par Justmad

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La Gazette 6 06/12/11 – « Baisse les bras, la partie est finie »

 

 

FLASH INFO : GAME OVER ?

 

 

Source :http://www.lagazette-dgi.com/

08/12 - Andry Rajoelina au Palais de l’Elysée accueilli comme chef d’Etat par Nicolas Sarkozy. Il aurait eu l'assurance de la France pour une plus grande implication dans le processus de sortie de crise menant aux élections. Un tête-à-tête de 15 mn a précédé la table ronde de 25 mn avec leurs proches collaborateurs pour faire le point de la situation et s’échanger des points de vue sur l’avancement de la feuille de route. C’est lors de cette table ronde que le président français a expliqué cette visite officielle et la raison de sa reconnaissance d’Andry Rajoelina comme chef d’État de transition : « une Transition crédible, appuyée par la communauté internationale, est actuellement installée à Madagascar. Raison qui m’a amené à vous recevoir, ici au Palais de l’Elysée, en tant que chef d’État ». Et de poursuivre : « Je salue la signature de la feuille de route et sa mise en application qui vous a permis de nommer un Premier ministre de consensus, d’installer un gouvernement d’union nationale et un Parlement de la Transition. En dépit de toutes les difficultés auxquelles vous avez dû faire face, vous avez eu raison de ne pas vous être découragé. La feuille de route est une chance pour Madagascar après trois années de crise car le peuple malgache n’a que trop souffert. C’est en ami que je vous reçois aujourd’hui ».
Nicolas Sarkozy promet qu’il va intervenir auprès de l’UE et du président des Etats-Unis pour que la communauté internationale lève les sanctions dont est victime le peuple malgache depuis 2009. Selon Harry Laurent Rahajason, ministre de la Communication, la France «sera l'avocat » de Madagascar dans le concert mondial. Andry Rajoelina a « remercié » le président français « pour les aides et soutiens permanents que la France n’a cessé d’apporter en faveur de Madagascar au niveau des tribunes internationales ». Nicolas Sarkozy a promis d’effectuer une visite officielle à Madagascar à l’occasion d’un déplacement dans les départements de l’océan Indien. Plus tôt dans la journée, Andry Rajoelina avait assisté à la signature de deux conventions de don d’un montant total de 10 millions d’euros entre l’AFD et l’État malgache.

La CNOSC adresse une cette ouverte à Nicolas Sarkozy.
Elle fait part de son appréhension sur la sortie de criseetsouligne la nécessité d’uneapproche baséesurundialogue malgacho-malgache : « Le processus actuel ne peut sortir durablement Madagascar de la crise malgré les apparences et les déclarations de certaines entités au pouvoir, ainsi que de pays et organismes étrangers», déclare-t-elle.

Commentaire de Tribune
: « Plus encore que s’il était un président élu, le Président de la transition devrait cependant s’efforcer de garder la tête froide. Qu’il ne s’y trompe pas : les honneurs de la garde et les sourires qu’il a face à lui s’adressent moins à sa personne qu’au processus de transition. Au bout de pratiquement trois années de crise, tous ceux qui ont encore quelque chose à perdre à Madagascar ne peuvent qu’exprimer, ne serait-ce que par un rictus, leur soulagement de voir une lueur d’espoir. Le crédit international d’Andry Rajoelina tient pour l’essentiel à l’avancement de la feuille de route. Certes, les progrès sont encore très fragiles, mais comme aucune autre alternative ne semble pour l’heure crédible, de Bruxelles à Pretoria, l’on a choisi d’encourager de manière visible l’homme en place, même s’il constitue un symbole parfois gênant. Cela parait toujours mieux que la politique du pire qui a clairement marqué ses limites. À cette politique du pire, une partie de l’opposition a pourtant encore du mal à renoncer. Après les mots en coulisse, les diplomates sont donc passés aux gestes visibles. Une présentation de lettres de créances par ci, une invitation à l’anniversaire de l’ANC par-là, une audience encore ailleurs : les mouvements, selon toute apparence coordonnés, du nouvel axe Afrique du Sud-Francophonie ont pour but de faire passer un message destiné en priorité à cette partie-là de l’opposition : elle est invitée à cesser de se focaliser sur la personne d’Andry Rajoelina. Autrement dit, l’apaisement ne doit pas passer que par les textes législatifs et les ordonnances des juges ».

L’UE reste sur la réserve par rapport à la reconnaissance internationale. Elle ne confirmera la reprise complète de la coopération au développement de Madagascar qu’après l’élection d’un président de la République et la mise en place d’un nouveau gouvernement. Elle souhaite aussi la ratification de la loi d’amnistie au niveau du Parlement et l’adoption des conditions de démission du président de la Transition et du Premier ministre de la Transition, au cas où ces derniers se porteraient candidats à la magistrature suprême.

Le train à grande vitesse mis sur rail par le président de la transition malgache, depuis son coup d’Etat de mars 2009, qui ferraillait contre tous les obstacles devant lui dressés, serait-il enfin sur le point d’entrer en gare ? Le bout du tunnel semble, en tout cas, pointer à l’horizon pour Andry Rajoelina TGV. Il semble avoir repris officiellement langue avec la communauté internationale depuis la mise en œuvre de la feuille de route. Le ciel des relations franco-malgaches semble d’autant plus éclairci qu’en sus des honneurs qu’a reçus TGV sur le perron de l’Elysée, celui-ci est retourné au pays avec une mallette officielle de 10 millions d’euros pour le compte de l’aide au développement. Les choses vont tellement vite entre l’Hexagone et son ancienne colonie que l’on est tenté d’adhérer à la thèse de ceux qui ont toujours soutenu que l’ex-métropole a toujours apporté un soutien tacite aux autorités malgaches. Quel deal peut-il alors bien exister entre Sarkozy et Rajoelina pour que le premier brûle autant d’ardeur et de zèle à redonner du tonus aux relations franco-malgaches ? Il n’est un secret pour aucun observateur averti des relations entre Etats que le caractère fréquentable d’un dirigeant, fût-il putschiste, est proportionnel à sa capacité à préserver les intérêts géostratégiques de sa puissance de tutelle. Et, des intérêts français à défendre, ce n’est pas ce qui manque à Madagascar. […] Rajoelina sera à coup sûr absous de ses péchés, comme ce fut d’ailleurs le cas pour bien de ses devanciers en la matière. Qu’à cela ne tienne, le principal étant de savoir quel impact cet arrangement au sommet aura sur la crise dont les effets pervers n’épargnent guère les populations à la base. La communauté internationale a-t-elle prévu les garde-fous nécessaires pour garantir à cette énième feuille de route qui semble susciter des espoirs, toutes les chances d’aboutir ? Les retournements de veste ne sont pas des pratiques méconnues du chef de l’Etat malgache. Celui-ci a déjà foulé aux pieds des engagements qu’il a pris sous la houlette de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Avant donc de lui rouvrir les vannes de leur générosité, les autres Etats et organes internationaux ne seraient nullement trop prudent en se prémunissant contre toute éventuelle roublardise du gouvernement malgache. Ils ne doivent d’ailleurs pas se hâter de lever toutes les mesures punitives prises contre les membres du gouvernement de transition avant la mise en œuvre exhaustive de la feuille de route.
(Source : http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve8312)

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