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rov@higa

Etat de droit, démocratie, réconciliation : Des mots, encore des mots …

22 Décembre 2011, 14:35pm

Publié par rovahiga

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Quel état de droit ? Répondre à cette interrogation  revient à dire d’abord qu’un état existe. Or il semble bien que depuis le coup d’état de 2009, la notion d’état a disparu dans les esprits. Ajouter à cela l’état d’âme de ceux qui croyaient être les dirigeants de ce pays, les gabegies de toutes sortes, les malversations, les désinformations pour mieux museler le droit à l’information et le droit à la parole, la prise en otage de toute la population par les forces armées … Aucun respect pour le droit de l’homme !

Ce qui se passe en ce moment n’est que la continuation parfaite de ces dérèglements et anarchie. Depuis près de trois ans, chacun a appris à se défendre tout seul, à faire ce qu’il veut quand il le peut soit pour manger, pour s’habiller ou pour se soigner. Un nombre incroyable des éléments des forces de l’ordre ou des fonctionnaires comme des citoyens se jetèrent dans la pagaille pour un mieux être immédiat aussi futile que fugace. Vols, viols, assassinats, kidnapping, et tous les crimes ont été des outils pour se faire une part du gâteau que se partageaient nos faux dirigeants. D’où les sanctions internationales ! Tous les bla-bla échangés jusqu’ici sous l’autorité de la  médiation  de l’Union Africaine par ses démembrements ne servent qu’à se mettre d’accord pour prendre un nouveau départ afin de revenir dans un état de droit véritable. On n’y est pas encore, on a à peine reconnu les acteurs et la feuille de route pour y accéder ! La preuve, ces « anomalies  et dysfonctionnements » rapportés par les médias.

Il serait inconscient et impensable de faire croire au peuple qui a subi toutes les conséquences les plus graves, que le pire est passé. Le pire, il est bien devant nous mais pas derrière. Quand le président d’un état en formation s’amuse à organiser des feux d’artifices à un moment où les gens passent les plus mauvais jours de leur existence, il y a mal donne quelque part. Encore une fois, depuis le coup d’état, les autorités semblent  trouver un malin plaisir à diviser le peuple en deux : les bons d’un côté, ceux qui les adulent et les mauvais, ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.

Pas plus tard qu’hier, le président du Conseil Militaire pour la Défense Nationale, le général Ranto Rabarisoa, pour un militaire qui ne devrait pas faire de la politique a affirmé que Madagascar évolue en plein dans la démocratie. Il n’en voulait comme preuve que le nombre (indécent pour un des pays les plus pauvres de la planète) de parlementaires couvre 33.000 malgaches pour un parlementaire. Et il en tirait une fierté qui sonnait faux. Quant au retour de Marc Ravalomanana, l’armée parait-il, ne semble pas convaincu que cela apporterait l’apaisement. Cet argument balaie les quelques millions d’opposants, en particulier les sympathisants de l’ancien président de la république d’un revers de la main, ces derniers étant bien « maitrisés ». Les pro-Rajoelina tablent donc sur l’immobilisation par la force des opposants, plutôt que sur la liberté d’un seul homme qui pourrait faire plus de mal ! Des raisonnements qui cachent très mal la peur d’un candidat potentiel qui raflerait la mise à ne pas en douter. Le danger viendrait forcément de là où on s’y attendait le moins.

La démocratie se conjuguerait à tous les temps et selon celui qui en parle. Vivement un état de droit !


rov@higa

 

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